Le travail : des droits de l’Homme au devoir d’humanité

La Déclaration universelle des #droits de l’#Homme de 1948 affirme le « droit à la sécurité sociale » (art. 22) ainsi que le « droit au travail » (art. 23) et à l’éducation (art. 26). Or, c’est dès le début de la Révolution française de 1789 que ce droit au travail ainsi que la protection sociale ont été revendiqués.

On peut rappeler aussi que la question des devoirs a été abordée pour la première fois en 1795 dans la Déclaration des droits et devoirs de l’homme et du citoyen. Cette notion de devoir est apparue une seconde fois, dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée en 1948, dans son article 29.

Néanmoins, la notion de devoirs humains demeure beaucoup moins institutionnalisée que celle de droits de l’homme. Cette asymétrie est une cause de fragilité pour les Droits de l’homme eux-mêmes, car, pour être applicable, un droit est nécessairement la contrepartie d’une obligation pour autrui.

Avec l’avènement de la « société de l’information » au milieu des années 1960, on assiste à un « grand bouleversement » et d’importants changements en ce qui concerne la nature du travail. Les effets environnementaux et sociaux des systèmes de production fondés sur les TIC, le numérique et l’intelligence artificielle, sont significativement négatifs et rendent la question du travail encore plus ardue, dans la mesure où le nouveau monde dans lequel nous entrons, semble se désintéresser des luttes et des acquis obtenus depuis deux cents ans.

Il est vrai que le recours à la #RSE évoque souvent un retour à la moralité, à un contrat explicite ou implicite avec la société : c’est ainsi qu’au niveau de l’entreprise, la création des cellules de mobilité ou d’outplacement rend la séparation d’avec un employé moins culpabilisant. Au niveau de l’Etat, l’indemnité de chômage, dans plusieurs pays, tente de pallier à la perte d’emploi, et des pays comme la Finlande ou l’Ontario ont initié l’expérience du revenu universel de base.

Dans notre société qui prône l’#individualisme et l’#autonomie, le bénévolat ne sonne-t-il pas le rappel du devoir d’humanité ? Cette finalité humaniste va-t-elle prendre la place qui lui est due ?